Guinée : les responsables du massacre du 28 septembre 2009

A l’occasion du troisième anniversaire du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, les proches des 157 victimes et les rescapés protestent contre l’absence de condamnation des responsables de ces violences.

Cette journée reste inscrite dans les mémoires. Plusieurs milliers de manifestants pacifiques décident de braver l’interdiction de la junte militaire dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara pour assister au meeting de l’opposition qui se tient dans le stade du 28 septembre (ainsi baptisé en référence à la date du referendum sur la Constitution de 1958). Vers 11 heures, des membres de forces de sécurité, les Bérets rouges, pénètrent dans la cour du stade et sèment la terreur. Au moins 157 personnes sont tuées, des dizaines de femmes sont violées et 1200 personnes sont blessées, certaines par balles.

La justice guinéenne mais aussi la Cour pénale internationale ont été saisies après le rapport de la commission d’enquête des Nations unies. Cependant aucune enquête préliminaire n’a été ouverte.

C’est dans cette douloureuse attente que les proches des victimes et des disparus ont célébré le troisième anniversaire de ce douloureux évènement. Certains étaient venus assister à la journée commémorative organisée par la Coordination des associations guinéennes de France. « A quand l’ouverture d’un procès ? », interroge Aissatou Diallo, une guinéenne, rescapée de la journée du 28 Septembre 2009 et vivant à Paris. « Nous ne dormirons tranquilles que lorsque les coupables seront traduits en justice et condamnés », lance Thierno Camara. Qui mieux que Bah Oury pour témoigner ? Pour le vice-président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée et président de la commission d’organisation de la manifestation du 28 septembre les images et souvenirs de cette date sont particulièrement douloureux.

Des personnes mises en cause au gouvernement?

En Guinée, l’association des victimes du 28 Septembre, s’inquiète. « Nous sommes dans l’impasse et nous ne savons pas à quelle étape nous sommes dans la poursuite des personnes qui ont été identifiées et dont la responsabilité a été établie. On ne peut pas commettre des crimes dans un Etat et rester impuni », déplore Mamadou Diallo membre de cette association.

A Conakry, le pouvoir a passé sous silence le troisième anniversaire de cet événement. Un silence d’autant plus coupable, aux dires de plusieurs observateurs de la scène politique guinéenne, que certaines personnes mises en cause dans cette tragédie sont membres de l’actuel gouvernement du président Alpha Condé.

C’est le cas du commandant Claude Pivi responsable de la sécurité présidentielle avec rang de ministre ou encore du lieutenant-colonel Moussa Thiegboro Camara qui a toujours rang de ministre et conserve ses fonctions de directeur de l’Agence nationale de lutte contre le trafic de drogue, le crime organisé et le terrorisme. Moussa Dadis Camara lui vit à Ouagadougou. L’ancien chef de la junte écarté du pouvoir début 2010, coule des jours paisibles au Burkina Faso.

En outre les tueries n’ont pas cessé dans le pays. Dans la nuit du 3 au 4 août 2012 à Zogota une localité située près de N’Nzérékoré, principale ville de la Guinée forestière, les forces de sécurité ont tiré sur des villageois, tuant cinq personnes ; une sixième victime a succombé à ses blessures quelques jours plus tard.

Cette situation relance le débat sur l’opacité de l’appareil judiciaire guinéen.

Mamadou Hady Nadhel Diallo

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La culture de l’impunité

De son coté le pouvoir de Conakry a passé sous silence le 3e anniversaire de cet événement. Un silence coupable aux dires de plusieurs observateurs de la scène politique guinéenne d’autant plus que des personnes mis en cause dans cette tragédie se retrouve dans le gouvernement du l’actuel président Alpha Condé. C’est le cas de Commandant Claude Pivi responsable de la sécurité présidentielle avec rang de ministre ou encore le Lieutenant-colonel Moussa Thiegboro Camara qui a toujours rang de ministre et conserve ses fonctions de directeur de l’Agence nationale de lutte contre le trafic de drogue, le crime organisé et le terrorisme. Moussa Dadis Camara lui vit à Ouagadougou. L’ancien chef de la junte écarté du pouvoir début 2010, coule des jours paisibles au Burkina Faso.

Mieux les tueries n’ont pas cessé dans le pays. Dans la nuit du 3 au 4 Aout 2012 à Zogota une localité située près de N’Nzérékoré, principale ville de la Guinée forestière, les forces de sécurité avaient tiré sur des villageois, tuant cinq personnes sur place, une sixième victime succombant à ses blessures quelques jours après.

Des situations qui relancent le débat sur l’opacité de l’appareil judiciaire guinéen.

Mamadou Hady Nadhel Diallo

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