Les Enfants de la Révolution Syrienne

La Révolution syrienne, qui a attiré l’admiration du monde entier, n’a cessé de prendre de l’ampleur grâce aux manifestations de masse qui ont rassemblé le peuple syrien : jeunes, femmes, enfants et personnes âgées. Ce sont les enfants de la ville de Deraa qui, de façon inhabituelle, l’ont déclenchée, en écrivant sur le mur de leur collège, la phrase emblématique des révolutions du Printemps Arabe, et qui résume leur aspiration profonde à la liberté : « Le Peuple veut la chute du régime ».

Leur acte innocent et courageux allait, sans qu’ils le pensent, déclencher la lutte qui allait ébranler le régime et permettre au peuple syrien de recouvrer une liberté après une attente qui n’avait que trop duré.

Durant plus de seize mois, le régime, qui se croyait à l’abri de telles secousses, et malgré le déploiement de son impitoyable machine répressive et l’emploi de méthodes sauvages et barbares, a échoué dans ses tentatives de mater la rébellion.

Tueries, tortures, massacres, viols, assassinats de familles entières, politique de la terre brûlée, le régime n’a rien oublié pour en finir avec cette révolution. Mais la ferveur et la détermination du peuple n’a fait que prendre de l’ampleur, brisant à jamais le mur de la peur, lui donnant force et détermination pour continuer sa révolution jusqu’à son aboutissement : la liberté et la démocratie.

Pour terroriser les adultes et briser la résistance du peuple, le régime n’a pas hésité à affamer les zones révoltées, à les priver de soins, et à s’en prendre même aux enfants, recourant, comme pour les adultes, aux tortures physiques et psychiques. Il les a défigurés et violés faisant fi de leur innocence. Mais tout cela n’a fait que renforcer la détermination du peuple à faire tomber le régime. Il est certain, aujourd’hui, que cette marche du peuple syrien vers la liberté sera difficile et sanglante et réclamera beaucoup de sacrifices avant d’arriver à la paix et à la liberté.

Vendredi est jour sacré, jour de toutes les voix qui s’élèvent pour la Liberté, mais aussi jour d’inquiétude pour le régime qui a choisi la violence pour répondre aux légitimes revendications populaires. Refusant le dialogue avec le peuple, il a choisi de lui répondre par une pluie de balles.

Ainsi les vendredis se succèdent avec leurs lots de martyrs, à Deraa, Homs, Hama, Idleb… Ce qui a déclenché la solidarité entre les villes et les villages de toute la Syrie, de toutes confessions, et de toutes appartenances ethniques scandant tous : « Nous sommes avec Deraa », « Nous sommes avec Homs », « Le peuple de Syrie est uni, uni, uni », « Le sang de nos enfants n’aura pas coulé en vain »…

Oui, la révolution syrienne est la révolution des enfants syriens, parce qu’ils n’ont pas seulement brisé la barrière de la peur, ils ont également démantelé le siège de Deraa. A leur tête, l’enfant Hamza Al-Khatib. Il a été arrêté pendant qu’il essayait de livrer du lait et du pain aux Deraaouis. Le régime barbare lui a ôté son droit à la vie, pourtant inscrit dans la charte internationale des droits de l’enfant. Hamza est devenu le martyr emblématique de tous les enfants opprimés de Syrie, qui, légitimement, aspirent à un avenir meilleur, à la paix et à la dignité.

D’une manifestation à une autre, et d’une acclamation à une autre, le monde découvre avec stupeur les massacres et les charniers de centaines d’enfants égorgés. Spectacle de fin du monde : des enfants pleurant, des parents qui ne sont jamais rentrés de leur dernière sortie, tués par les Chabihats Al Assad, des mères serrant contre elles leurs enfants assassinés… Cependant, tout le monde continue de scander : « On sacrifie notre sang et notre âme pour tous les martyrs du régime ».

Les enfants arrêtés dans les centres de détention syriens sont rendus handicapés à vie, par des tirs de balles dans les genoux. On les met avec les hommes, dans des situations inhumaines, en les privant de nourriture et de soins. Peut-on imaginer leur peur et leurs souffrances en ces instants? Quelle faute peut justifier un tel traitement? Etre né dans un pays appelé la Syrie dont le président est Bachar Al Assad ?

Face à cette réalité dramatique et à ces images tragiques que le monde entier voit et observe, j’appelle l’opinion publique syrienne, arabe et internationale, à considérer Bachar Al Assad comme « le plus grand assassin de l’enfance » de l’Histoire de l’Humanité. En effet, le régime syrien a tué, selon la chaîne de TV Aljazeera, citant un bulletin de Commandement général de la révolution Syrienne, 419 enfants dont :

73 filles, et 346 garçons, dont 107 enfants âgés de moins de 10 ans. Il n’est plus possible de garder le silence devant ces atrocités. La confrontation n’est pas chose facile mais la détermination du peuple syrien à relever le défi lui sera suffisante pour vaincre ses ennemis et lui permettre de retrouver une patrie où les enfants sont libres et ont des droits. C’est ce que les héros de la révolution s’engagent à faire. C’est une simple question de temps, durant lequel le peuple syrien garde une volonté inébranlable, compte sur lui-même, résiste seul et souffre seul, alors que le monde garde un silence et une ignorance coupables.

La révolution a commencé par les enfants et c’est à eux qu’elle apportera l’avenir d’une vie radieuse, sans humiliation et sans crainte. Une vie où la pensée n’est pas prisonnière et où le citoyen n’est pas traqué pour son avis ou son opinion.

Berivan Issa

Publicités

Commentaires fermés sur Les Enfants de la Révolution Syrienne

Classé dans International, Libertés

Les commentaires sont fermés.