La Maison des Journalistes et le Prix Albert Londres

Omar Alassad, actuellement accueilli à la Maison des Journalistes, était invité de La Plume dans la Plaie, mercredi 23 mai, à Paris, une journée organisée par l’Association du Prix Albert Londres.

Ce journaliste syrien dont L’œil de l’exilé a publié le témoignage sur les prisons de son pays participait au débat « Syrie : Témoigner par tous les moyens, à tout prix » avec Michel Moutot (AFP) et Cham Daoud (militante de Souria Houria, une association de soutien à la révolte du peuple syrien). « Notre responsabilité est de venir témoigner sur ce qui se passe là-bas », a insisté Omar Alassad.

Les intervenants ont évoqué l’origine des informations qui parviennent de Syrie, notamment les vidéos amateurs, transmises par les téléphones portables que le régime ne parvient pas à brouiller. Il faut ensuite analyser ces vidéos, les authentifier et localiser les scènes filmées.

« Il faudrait que la presse internationale puisse aussi montrer ce qui se passe à Damas ou à Alep, qui sont des villes où le contrôle du régime sur les habitants est très fort et où il y a tout de même des manifestations », a noté Cham Daoud.

Trop dangereux

En ce qui concerne le travail sur place par les journalistes, il est quasiment impossible. D’abord parce que le gouvernement syrien ne délivre pas de visas aux reporters de la presse internationale ; ensuite parce que la dangerosité du travail sur place rend frileux les rédacteurs en chef des journaux. La mort de plusieurs journalistes, dont Gilles Jacquier, envoyé spécial de France 2 qui était pourtant détenteur d’un visa, a évidemment accentué cette frilosité. « L’AFP a décidé que c’était trop dangereux d’envoyer quelqu’un compte tenu de ce qu’il peut rapporter », a raconté Miche Moutot.

En exergue de cette journée, l’Association du Prix Albert Londres, décerné chaque année à un jeune journaliste pour la qualité d’un reportage, avait placé cette citation d’Albert Londres : « Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ».

Le prix 2012 a été remis à Alfred de Montesquiou, journaliste à Paris Match, pour ses reportages en Syrie et en Libye. Pour l’audiovisuel, il a été attribué à Audrey Gallet et Alice Odiot, journalistes indépendantes pour un reportage en Zambie.

Françoise Chirot

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