Un Café des journalistes en Italie

De notre envoyé spécial à Turin

Le Caffè dei Giornalisti a été inauguré, le 3 mai à Turin, à l’occasion de la journée internationale de la liberté de presse, par Rosita Ferrato au siège de la Fédération des journalistes du Piémont. Cette journaliste connue et expérimentée, a créé cette ONG après avoir été séduite par l’hospitalité de la Maison des Journalistes (MDJ) de Paris.

Alberto Sinigaglia, président de Fédération des journalistes de la région du Piémont a ouvert le débat en félicitant Rosita Ferrato pour avoir mené à bien ce projet malgré l’aggravation de la crise économique qui posent de réels problèmes pour le financement des ONG. « C’est vraiment réconfortant de voir que de telles initiatives aboutissent dans un contexte si difficile. Rosita Ferrato mérite nos applaudissements pour son projet courageux qui jouera un rôle important dans la promotion de la liberté de la presse et la liberté d’expression en Italie », a-t-il déclaré.

Alberto Sinigaglia, président de la Fédération des journalistes du Piemont, Rosita Ferrato, journaliste et écrivain, et Alessandra Comazzi, journaliste à La Stampa

Rosita Ferrato a remercié les journalistes pour leur soutien et l’intérêt porté à son projet. Elle a précisé que cette initiative est différente de celles menées ailleurs dans la mesure où il s’agit d’un projet international, dans lequel un réseau de journalistes locaux et étrangers (en particulier d’Europe et d’Afrique du nord) établira des liens, partagera des idées et des informations sur l’évolution rapide de la situation politique, économique et sociale.

Caffè dei Giornalisti fera aussi la promotion des arts, de la musique et de la culture italiennes par l’organisation de concerts, de spectacles musicaux et d’autres événements où les journalistes pourront profiter de la culture italienne et d’échanger des idées. Dès juin, un événement Musique & journalisme devrait être organisé au Club de Espania, Turin. Rosita Ferrato a invité les journalistes italiens à consulter le site web de Caffè dei Giornalisti.

Rosita Ferrato a évoqué la Maison des Journalistes (MDJ) de Paris qui a inspiré la création du Caffè dei Giornalisti giornalisti. Elle a été particulièrement impressionnée par l’hospitalité de la MDJ dont l’objectif est de protéger et d’aider les journalistes en danger dans leur pays d’origine en leur fournissant un logement au cœur de Paris, et la possibilité de se rencontrer et d’échanger. Elle est fière de son partenariat avec la MDJ et espère encore cimentercette relation à l’avenir. Luciano Salve, vice-président de Circolo Della Stampa a félicité Rosita Ferrato. « Le nombre de journalistes présents montre l’intérêt de la communauté des journalistes et la popularité de votre initiative », a-t-il dit. Il a promis son soutien en offrant les deux Cafés de la Circolo Della Stampa comme lieux où les journalistes peuvent se rencontrer, d’échanger des vues et de prendre une tasse de café.

Liberté de la presse

Une jeune journaliste a fait une présentation de la situation de la liberté de la presse dans le monde. Chaque année de nombreux journalistes sont enlevés, emprisonnés, torturés et tués seulement parce qu’ils veulent présenter la vérité au monde. Selon le dernier rapport de Reporters sans frontières (RSF), seuls 66 pays sur 197 sont considérés comme exemplaires. En 2012, 19 journalistes ont déjà été tués ; 66 journalistes l’avaient été en 2011 dans l’exercice de leurs fonctions professionnelles.

La Chine avec 40% de la population mondiale est considérée comme la zone la plus difficile. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont été déclassés en raison de la répression sévère des manifestations de Occupy Wall-Street et des pressions sur les medias. L’Italie arrive au 61ème rang en raison de sa politique répressive contre des les journaux et les journalistes sanctionnés en raison de leur critique du gouvernement Berlusconi. Le conseil d’administration du réseau de télévision d’État de la RAI avait suspendu le débat politique sur ses trois canaux pendant un mois dans le cadre des préparatifs des élections. Berlusconi contrôle jusqu’à 90 pour cent des médias audiovisuels du pays par le biais d’Etat points de vente et ses propres privés Media Holdings.

Dans des pays comme le Pakistan, les services de renseignements travaillent en toute impunité et constituent une menace pour la liberté de presse. Ils ont été à plusieurs reprises impliqués dans la surveillance, l’enlèvement, la torture et les assassinats de journalistes. En 2002, l’exécution du journaliste américain Daniel Pearl, a attiré l’attention sur les liens entre les services de renseignement pakistanais et les groupes extrémistes, dont Al-Qaïda. Le Pakistan est classé 151ème, un rang en-dessous de l’Afghanistan, pourtant déchiré par la guerre.

Selon le rapport annuel de Freedom House, un groupe basé à Washington, qui milite pour les droits de l’Homme et la démocratie, la liberté mondiale a subi sa cinquième année consécutive de baisse en 2010. «Nos adversaires ne font pas que s’engager dans une répression généralisée, ils le font avec une agressivité sans précédent. Cela devrait être un appel de réveil pour toutes les démocraties du monde », a déclaré David J. Kramer, directeur exécutif de Freedom House.

L’inauguration du Caffè dei Giornalisti s’est terminée par cet extrait du livre « Self-Portrait d’un journaliste », de l’écrivain polonais Kapushinsky : « Le professionnalisme signifie que vous devez considérer / accepter l’intelligence des autres personnes ».

Fazal ur Rehman Afridi

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