Africa paradis ou l’immigration inversée

Le film Africa Paradis plonge le spectateur dans un monde dans lequel l’immigration entre la France et l’Afrique est inversée. Sous-titré « et si l’immigration changeait de camp », il décrit une France qui sombre dans la misère face à une Afrique unie et développée.

La situation créée par le réalisateur permet d’envisager l’immigration avec une vision nouvelle. Grâce à l’humour et à cette inversion des rôles, Africa Paradis amène à mieux comprendre l’autre et à plus de tolérance.

En mettant en scène un couple français qui immigre en Afrique et en le confrontant aux problèmes d’intégration, le cinéaste Sylvestre Amoussou fait voir sous un autre angle les questions d’économie, de survie et de solidarité. La volonté du réalisateur est avant tout de faire comprendre la souffrance vécue par les immigrés africains.

Cinq ans après sa sortie le film Africa Paradis a été à nouveau diffusé au musée Dapper, à Paris, le 21 avril, dans le cadre de « Ciné-rencontre » en présence de Sylvestre Amoussou. Originaire du Bénin, celui-ci vit en France depuis 30 ans. Il suit d’abord des cours de théâtre afin de mieux comprendre la société dans laquelle il vit. Il a ensuite fait ses débuts dans le cinéma français en tant qu’acteur. Le manque de variété des rôles qui lui sont proposés le pousse à passer derrière la caméra. Il réalise 7 courts métrages puis Africa Paradis, son premier film.

Un message positif

A propos de ce long métrage, Sylvestre Amoussou explique que le sujet ne s’applique pas uniquement à l’immigration entre la France et l’Afrique. « Au Japon, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, dans plusieurs pays d’Afrique, au Venezuela, au Mexique, j’ai voyagé avec ce film et ce qui est curieux c’est que le sujet est universel. Quand j’étais au Mexique, les Méxicains me disaient la même chose qu’ils vivaient avec les Etats-Unis et au Japon j’ai eu la même réflexion. C’est un langage universel», raconte-t-il.

Le film a pour objectif de s’adresser au monde et de véhiculer un message positif. « Les gens se déplacent continuellement (…) les sociétés, les peuples se rencontrent. Ce film c’est la question du mieux vivre ensemble », ajoute le réalisateur. Le manque de moyens dont a disposé Sylvestre Amoussou pour la réalisation de ce film nuit à la crédibilité des personnages, néanmoins le concept est innovateur dans le monde du cinéma.

Malgré les difficultés pour être diffusé dans de nombreuses salles, Africa Paradis a été projeté à l’espace Saint-Michel, à Paris, durant six mois. Il est accessible en DVD depuis décembre 2007. Sylvestre Amoussou souhaite que le film puisse toucher un public de plus en plus large.

« Africa Paradis dans toute l’histoire du cinéma est le film auto produit le mieux vendu à la FNAC », précise-t-il.

Halima Raïs et Juliette Vuillaume

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Culture, France, International

Les commentaires sont fermés.