Souffle démocratique au sud de la Méditerranée, un printemps après…

Une année après le début des printemps arabes, les questions restent nombreuses. Si certains pays se débattent pour concrétiser leurs révolutions, pour d’autres les choses sont plus complexes.

La Tunisie semble avoir réussi une transition et des élections libres, l’Egypte toujours dirigé par des militaires à encore du chemin à faire et les révolutionnaires de la place Tahrir ont vu leur révolution confisquée, disent-ils. En Libye, la construction d’un Etat reste un défit de taille auquel les nouvelles autorités sont confrontées.

C’est pour discuter de ces questions que l’association Carrefour de la République a organisé un débat dans les salons de l’Hôtel de Ville de Parie, le 26 mars autour de Mohammed Al-Alagi, président du Conseil suprême des libertés publiques et des droits de l’homme en Libye, Kamel Jendoubi, président de l’Instance supérieure indépendante pour les élections en Tunisie, Bothaina Kamel, première candidate féminine à la Présidence de l’Egypte, Michel Kilo, personnalité reconnue de l’opposition syrienne et Ahmed El Keiy, directeur adjoint du Pôle arabophone de l’Audiovisuel extérieur de la France.

Le débat a porté sur la situation en Syrie, en Egypte, en Tunisie et en Libye.

Ainsi, Michel Kilo, personnalité reconnue de l’opposition syrienne a souligné la « gravité de la situation des droits de l’homme » dans ce pays avant la contestation populaire, situation devenue catastrophique. Aujourd’hui, a-t-il expliqué, « les autorités disposent de 13 services spéciaux composés de milliers de militaires chargés de mater la contestation ». Ces unités spéciaux dira-t-il, ont « carte blanche et le droit de tuer sans aucun problème ».

Tortures et droits de l’homme

Selon M. Kilo, « le monde a un devoir moral d’aider le peuple syrien parce que Bachar Al Assad, au-delà de massacrer son peuple, défie la communauté internationale ». Même s’il a appelé à aider le peuple syrien, l’opposant s’est dit « opposé à une militarisation du conflit ».

La situation en Libye n’étant pas des plus rassurantes, le public s’est posé des questions sur la situation des droits de l’homme, la pratique de la torture dans les prisons et la situation particulière réservée aux africains du sud du Sahara traqués emprisonnés pour les plus chanceux et exécutés pour les autres.

« Seuls les mercenaires sont en prison »

M. Mohammed Al-Alagi, président du Conseil suprême des libertés publiques et des droits de l’homme en Libye a nié l’existence de prisonniers africains dans les prisons libyennes. Selon lui, « seuls les mercenaires sont en prison ». Il a dit qu’en Libye la contestation est à l’origine partie des magistrats et des défenseurs des droits de l’homme et que ces personnes n’accepteraient pas des pratiques contraires aux droits de l’homme. Même si des faits précis et des preuves vidéo foisonnent sur internet concernant le traitement inhumain réservé à des immigrés africains sont disponibles, M. Al-Alagi a campé sur sa position.

Dans l’ensemble, les intervenants ont tenu à souligner pour ce qui est de la Tunisie, la Libye et l’Egypte que la situation des droits de l’homme connait une nette amélioration et que les cas de tortures recensés sont isolés. Ils ont exprimé leur inquiétude par rapport à la Syrie et lancé un appel à la communauté internationale pour une aide humanitaire aux blaisés et un soutien, voire un appui aux révolutionnaires.

A. T.

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