Tibétains et Ouigours : répression et intolérance ethnique en Chine

Les Tibétains et les Ouigours sont les deux groupes ethniques dont le particularisme culturel et religieux a donné le plus de fil à retordre au régime communiste chinois depuis son arrivée au pouvoir en 1949.

Ce géant au pied d’argile en matière des droits de l’homme classe ses ressortissants en 56 nationalités se référant à des critères ethniques et linguistiques. Ses nationalités restent de tailles très inégales.

Les minorités religieuses les plus importantes se réclament de l’Islam ou du christianisme. Parmi les minorités musulmanes on trouve les Huis et Ouigours qui sont étroitement contrôlés par le parti communiste. Le nombre des chrétiens est estimé à au moins 70 millions qui sont comptabilisés au sein des églises catholiques et protestantes. Les autres croyants appartiennent à des églises souterraines dont les conflits sont nombreux, notamment autour de la question des lieux de culte. Pasteurs ou prêtres sont soumis à des contrôles fortement répressifs d’où les efforts de rapprochement entre la Chine et le Vatican qui restent inflexibles.

Concernant le Tibet cette région regroupe 3 millions d’habitants qui vivent dans les préfectures autonomes tibétaines des provinces voisines. Le bouddhisme tibétain y est pratiqué sous le contrôle étroit des services, ou chaque monastère abrite un comité de gestion démocratique. Les moines subissent également de fortes pressions, afin de dénoncer le Dalaï-Lama.

Culture, langue et religion en péril

Concernant la région autonome ouïgoure du Xinjiang, ils sont soumis à des politiques coercitives très mal ressenties. Au fil du temps les autorités chinoises ont mis en œuvre une véritable machine répressive afin de mettre en péril leur culture, leur religion, et même leur langue.

Les efforts des autorités concernant le développement économique dans cette région sont ressentis comme des moyens déguisés.

Les Ouigours qui sont turcophones, pratiquent un islam sunnite qui n’échappe pas à la surveillance des yeux et les oreilles du régime. Les écoles coraniques ont été fermées, sous prétexte de lutter contre le terrorisme, le séparatisme, et surtout le fondamentalisme religieux.

Des écoles coraniques fermées

L’entrée des mosquées est interdite aux moins de 18 ans et les imams doivent rendre des comptes régulièrement. Dans ce pays qui échappe à toute forme de sanction vis-à-vis des instances internationales, le nombre d’arrestations, de tortures et de procès expéditifs ont fini d’instaurer un climat de terreur. L’Union européenne et l’ONU préfèrent fermer les yeux face à ce dilemme, « les intérêts économiques et la raison du plus fort passent en priorité ».

Comme les Tibétains, les Ouigours ont une forte communauté en exil. Ses derniers, nagent à contre-courant des réalités amères de la mondialisation. Le congrès mondial ouigour qui revendique l’autodétermination multiplie les contacts à travers tous les pays du monde, néanmoins la cause est loin d’être gagnée.

Mohammed Chérif Bouhouia

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