Election présidentielle au Sénégal : Jamais sans Wade !

A quelques jours de l’élection présidentielle au Sénégal, qui aura lieu le 26 février, la rue dakaroise s’indigne de la posture de Abdoulaye Wade, affectueusement appelé « Gorgui » le plus vieux chef d’Etat de la planète (85 ans), après le zimbabwéen Norbert Mugabé. Wade semble oublier les années de lutte pour cette démocratie sans laquelle il ne serait jamais arrivé au pouvoir si, son prédécesseur, Diouf avait taillé la constitution à sa mesure.

Alors qu’il préside le Sénégal depuis 2000, Wade semble trouver que douze ans ce n’est plus suffisant. Il veut plus au risque d’entraîner ses compatriotes dans une guerre civile. Comme si être un ex-chef d’Etat en Afrique est synonyme de chagrin ou de malédiction.

« Le Sénégal en a marre (un reportage sur France Culture) »

Le vieux Wade, visiblement diminué par le poids des années se voit bien parti pour un nouveau septennat. Peut-être même se présentera-t-il à nouveau en 2019, a-t-il annoncé récemment avec orgueil et mépris.

L’opposition peut bouder ou multiplier les marches et les meetings, tout comme les jeunes du mouvement « y’ en a marre », ils peuvent brûler les pneus et barricader les routes. Pour Wade, les coassements des grenouilles n’empêchent pas l’éléphant de boire.

Abdoulaye Wade et ses partisans ont finalement caché les « vuvuzelas » avec lesquels ils ont claironné contre Kadhafi il y a quelques mois. Ils ont simplement oublié les injonctions que le vieux crocodile a adressées à d’autres « dictateurs » tout récemment. Sans attendre le 26 février, jour du premier tour du scrutin présidentiel au pays de Senghor, les conseillers de Wade triomphent et annoncent déjà une victoire cash et sans bavure du patron dès le premier tour avec un score à la Staline.

Wade, même réélu

Mais il est évident que la colère n’est sans doute pas près de retomber même si la place de l’Obélisque est prise d’assaut par les hommes en uniforme armés jusqu’aux dents et déterminés à faire le sale boulot. Même réélu, Wade risque d’entrainer le pays dans le chaos qui a déjà commencé avec la manipulation constitutionnelle et l’exclusion pure et simple de certains candidats à la présidentielle du 26 février.

Le prix à payer risque d’être très lourd pour les citoyens du Sénégal après la publication des résultats du scrutin présidentiel par la Commission électorale nationale autonome (céna). Que les « panafricanistes » qui pleurent toujours sur le tard parlent à Wade qui menace de mort les paisibles Sénégalais.

En juillet 2007 le président français, Nicolas Sarkozy regrettait que « l’homme africain n’entre pas assez dans l’Histoire ». Il semble aujourd’hui déplorer que le patron du Sénégal refuse obstinément d’en sortir. Pauvre Afrique!

Jacques Jarele SIKA

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