RD Congo : élections et avis de tempête !

Ce 28 novembre, en République démocratique du Congo, c’est le temps d’élections. A la fois, la présidentielle et les législatives.

Quelle en serait l’issue, alors que la campagne s’est soldée sur fond de violences ? La question est de taille, d’autant que du climat postélectoral dépendra, à terme, l’avenir du pays : la présence de la paix et, par conséquent, la consolidation de son unité ou son éclatement. Et, cette fois, pour de vrai !

La perspective de la partition de la RD Congo ne date pas d’aujourd’hui. Elle est inscrite dans l’ordre du jour de la finance internationale, dès 1960, date de l’accession de ce pays à l’indépendance. Grand comme l’Europe occidentale et doté d’immenses richesses du sous-sol, le Congo est un Eldorado qui fait rêver. Et « qui doit être morcelé », pense-t-on. Logique partagée par plusieurs capitales de l’Occident…et même par certaines régions congolaises.

Quand le vent de l’indépendance commence à souffler sur le pays, en 1955, les leaders de la province du Bas-Congo ne parlent que de l’indépendance de leur contrée. Depuis, le foyer du séparatisme, ne s’y est jamais éteint, comme l’illustre, encore aujourd’hui, les activités de « Bundu Dia Kongo », réprimées dans le sang, en 2008. Ce mouvement politico-religieux ne réclame pas moins, par des messages qu’il fait circuler sous le manteau, la séparation de la province du Bas-Congo, « Terre élue », du reste du territoire congolais, « Terre profane », prétend-il.

La riche province du Katanga n’est pas en reste. Aiguillonnée par les Belges, en 1960, elle s’est autoproclamée, à l’époque, « Etat indépendant du Katanga ». Les velléités séparatistes s’y exprimentdepuis, de manière plus ou moins ouverte. C’est le cas, en 1992, lorsque les katangais ont décidé de renvoyer de leur province tous les autres congolais, surtout ceux originaires des deux provinces du Kasai. Comme en Belgique, le Katanga, à l’instar de la Flandre, se plaint d’être une vache à lait des autres provinces.

En février et juin de cette année, deux attaques à l’arme lourde ont ébranlé la ville de Lubumbashi, chef-lieu de la province. L’origine de ces attaques n’a jamais été officiellement expliquée. Rébellion menée contre qui, le chef de l’Etat Kabila étant originaire du Katanga ?

Pour la première fois dans l’histoire du Congo, en décembre 2010, la rébellion a fait son apparition à l’ouest du pays, autour de la ville d’Inyele, dans la province d’Equateur. Ses motivations sont restées floues. Les combats ont forcé 145 000 personnes à fuir. Le parfum de la fronde, proche de rébellion, y flotte toujours dans l’air.

Pour un pays déchiré par les guerres civiles et soumis à la dictature, ces événements entrent dans l’ordre des faits divers. Pourtant, à l’analyse, ils sont l’expression d’un profond ressentiment du peuple asservi, depuis un demi-siècle. Adoubé par la communauté internationale, sorti vainqueur des urnes, en 2006, Kabila a promis monts et merveilles aux congolais.

Promesses non tenues. Parallèlement à la régression des acquis démocratiques, la situation générale plonge. A cet égard, la « Fondation Mo Ibrahim », une institution qui publie annuellement un palmarès de bonne gouvernance pour l’Afrique, a attribué au Congo, pour l’année 2010, un véritable bonnet d’âne : 32 %. Bon dernier avec la Somalie !

Jean-Jules Lema Landu, journaliste congolais, réfugié en France

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