La France serait-elle malade de sa société?

Fraichement arrivé en France, un journaliste congolais s’interroge. Persécuté à cause de ma profession entant que journaliste, j’ai été contraint de quitter mon pays la R.D. Congo pour la France. A l’instar de bien d’autres personnes dans la même situation que moi, je me trouve aussitôt en proie aux dures réalités des demandeurs d’asile en France.

A y regarder de près, « France terre d’asile », la structure attitrée pour l’encadrement des personnes demandeuses d’asile se trouve débordée par le nombre croissant des ressortissants  africains et asiatiques  pour la plupart, qui font des queues  interminables devant ses bâtiments situés au 18e arrondissement.

Les oubliés de la France

Faute d’avoir trouvé un hébergement, je me suis trouvé dans l’obligation comme tant d’autres personnes de ma situation à faire le «  115 », le numéro d’appel des personnes sans abri ; une vraie galère !   Le plus clair de mon temps, je l’ai « brulé » dans l’un de ces espaces solidarité insertion, mis à contribution par la Mairie de Paris pour soulager, autant que faire ce peu, les dures  réalités auxquelles s’exposent quotidiennement les personnes sans abris ; enfin les « oubliés de la France » !

Ce sont de véritables décharges publiques humaines, enfin tous ceux que le vide juridique en matière d’une politique familiale équilibrée a jeté sur les artères de Paris. La plupart s’étant refugiés dans l’alcoolisme et la toxicomanie.   L’E.S.I. Mazas s’occupe quotidiennement d’une soixantaine de personnes sans domicile fixe qui accèdent à  des services tels : un espace de détente équipé d’un téléviseur, des toilettes et douches, des distributeurs de thé et café etc.

L’envers du décor

C’est pendant de longs mois que j’ai été confronté à ce monde de  l’envers du décor, jouant aux échecs, cartes ou autres jeux avec les oubliés de la société française. Une société du reste minée par de sérieux problèmes de couple, dus  en majorité à l’absence d’une vraie politique de famille. C’est un vrai désastre pour une France trop engagée à conserver  sa place dans  le concert de plus grandes puissances de la planète.

Si dans ce lieu on est loin de parler le même langage sur la plupart de sujets, cependant on partage une ou deux haines communes : celle contre la femme en premier lieu ensuite celle contre Dieu. La femme ici est perçue comme la cause principale de la déliquescence de la vie de plusieurs d’entre ses avilis par la misère. Cela en complicité avec la police, une police qui se contente de vider l’homme plutôt que de s’intéresser aux causes profondes des disputes des couples et pourquoi pas, de proposer une thérapeutique  comme cela se fait si bien en Afrique.

Et si l’amour n’existait plus

«La femme, me disait l’un d’eux, n’est toujours pas la victime que l’on présente habituellement, et l’homme, pas toujours le méchant!»   Le second sur le banc des accusés, le bon Dieu pour son laxisme coupable devant la maltraitance de l’homme par la femme. Tout ceci porterait à croire que si la France arrive encore à maintenir son économie en  dépit des aléas de la bourse qui dégringole et inquiète, le chemin reste encore à faire sur le plan familial ou il nous semble n’exister aucune politique sérieuse visant à encourager la vie de famille. Près de 50% d’enfants serait issus de familles monoparentales, souvent élevés par seule la mère. On trouve de moins en moins de mariages d’amour en France au profit de ceux reposant sur un intérêt souvent égoïste. Et les séparations se multiplient à tour de bras et faisant pour principales victimes, les enfants.

Et si l’amour n’existait plus, que dire de tous ceux couples jeunes ou vieux qui roucoulent sans vergogne sur les espaces publiques  au grand gène de l’africain que je suis, chez qui la pudeur est un principe sacro saint. «  Y a qu’à croire que si le pays de Sarkozy  réajustait un peu sa politique familiale, cela réduirait à coup sur le nombre de ses sans abris ! ».

Nino LUKEN’s

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