Guinée : Alpha Condé fait marche arrière

source: drmorisset.comSuite à l’attaque de sa résidence privée sise au quartier Kipé, commune de Ratoma, dans la haute banlieue de Conakry, le 19 juillet dernier, Alpha Condé, le Président guinéen et son équipe avaient tenté de museler la presse indépendante guinéenne.

Dans un communiqué controversé du Conseil National de la Communication ( CNC) , en date du 27 juillet, l’administration Condé avait fait un pas de plus vers la dérive en sommant la presse de ne plus jamais traiter de la tentative d’assassinat don aurait été victime le cinquième président de la république de Guinée la semaine dernière.

La volonté manifeste du régime de Conakry d’imposer une ligne aux médias indépendants du pays a, aussitôt, soulevé un tollé général aussi bien en Guinée qu’à l’étranger. Ce sont d’abord les associations de presse privée du pays qui ont annoncé les couleurs en dénonçant une  » atteinte grave aux libertés fondamentales » consacrées par la constitution. Les partis politiques en ont pris le relais pour condamner une  » décision illégale et inacceptable » qui est à leurs yeux  » un recul très dangereux au regard des acquis obtenus par le combat du peuple pour la démocratisation et la construction d’un véritable Etat de droit en Guinée. »

La France, ancienne puissance coloniale, n’est pas restée indifférence face aux déviations de l’administration Condé. Par la voix du porte-parole du Ministère Français des Affaires Etrangères, Paris  » reprouve l’interdiction faite à tout média national d’évoquer l’attentat contre le chef de l’ Etat ou d’organiser des émissions interactives à caractère politique ».

Cette cascade de réactions et de condamnations ont contraint le CNC et le président Alpha Condé à faire machine arrière en levant l’interdiction d’articles de presse et d’émissions interactives radiophoniques par rapport à la  » tentative d’assassinat » contre le dirigeant guinéen, élu en novembre dernier à l’issue d’un scrutin des plus mouvementés et violents.

Dans la nuit de lundi à mardi 19 juillet dernier, un commando lourdement armé avait, dit on, pris d’assaut le domicile privé du président Alpha Condé à Conakry. L’opération s’était soldée par un mort et quelques blessés. Heureusement, le leader guinéen est sorti indemne de l’attaque qui a visé sa résidence.

Quelques heures plus tard, le régime a commencé à riposter. Une quarantaine de militaires, tous des proches des trois derniers prédécesseur de Condé ( Lansana Conté, Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté ).

Une information judiciaire, consécutive aux arrestations musclées et sanglantes des présumés auteurs de l’attaque, a été ouverte par la justice guinéenne au lendemain de la  » tentative d’ assassinat » du président Alpha Condé.

Pour l’heure, même si le gouvernement se veut rassurant : « il n’ y aura pas de chasses aux sorcières », le président Alpha Condé commence à dresser le profil des commanditaires. Selon le maître de Conakry, des leaders politiques et des hommes d’affaires sont impliqués dans l’opération qui a failli lui coûter la vie.

Autant dire que le bras de fer entre le régime de Conakry et les opposants promet d’ être riche en suspens et en rebondissement.

Amadou Saliou Diallo

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