Marche sur mes yeux: un livre pour l’Iran heureux

Un titre meilleur pour leur livre, Serge Michel et Paolo Woods, n’auraient pu le trouver. « Marche sur mes yeux » est une formule de politesse typique, par fois exagérée, du monde iranien et les deux journalistes, un photographe et un reporter qui ont vécu en Iran pendant plusieurs années, l’ont choisie comme symbole de leur enquête.

« On voudrait écrire un livre sur le bonheur des iraniens », on déclaré les deux reporters au corps diplomatique iranien qui ne voulait pas les laisser rentrer et qui leur créait des difficultés. Une technique bien connue par Serge Michel correspondant pour des journaux français en Iran, qui pendant son séjour avait eu des problèmes avec la censure officielle.

« Le bonheur c’est-à-dire la réalité », ont-ils déclaré, « on voulait parler de l’Iran comme on l’a vu dans notre vie quotidienne dans le pays, au delà des préjugés et de la propagande occidentale». Et ils ont réussi. En lisant les pages de Serge Michel et en regardant les photos de Paolo Woods nous trouvons un Iran différent, un Iran loin des clichés. C’est l’histoire d’un pays qui essaye après 32 années de République Islamique de se construire une histoire sans être trop influencé par la politique. La vie continue, et les iraniens du livre ont trouvé mille et unes manières de survivre à la répression.

La Perse est l’héritage de l’Iran contemporain, la terre des « mille et une nuits », la terre des rois et des poètes. Les deux nous parlent d’une population qui doit faire ses comptes avec un passé encombrant et qui, incroyablement, le fait sans trop des problèmes. L’Iran, le Satan des Etats-Unis, est au centre du débat international chaque jour. Mais où est la vérité ? La vérité, comme le nous montrent bien les deux auteurs du livre, est qu’au delà de la politique et des relations diplomatiques, il ya des habitants qui essayent de vivre leur vie quotidienne. Et alors le livre sur le bonheur des iraniens devient l’histoire humble et simple d’un peuple.

Félicitations donc aux journalistes qui arrivés sur la point de pieds, ont eu la capacité de parler comme des observateurs qui veulent seulement comprendre. L’entretien à coté de la piscine sans eau parce que personne ne peut montrer son corps en tenue de bain, ou l’histoire de l’école du mariage ou bien encore de l’école pour rigoler et vivre plus doucement, sont des portraits de la société rares et spéciaux qui rendent honneur à l’Iran même. Et encore l’entretien avec un membre du Bassidji ou avec un jeune adolescent dans sa chambre occidentale sont des séquences d’une beauté exceptionnelle, pour lesquelles ont doit remercier les deux journalistes. Voir le pays dont nous avons entendu parler le plus et le voir à travers des yeux sincères, objectifs et passionnés, c’est un luxe.

Serge Michel et Paolo Woods étaient à Téhéran pendant les manifestations du mouvement vert après les élections de 2009. La place commençait à se remplir et ils avaient un rendez vous avec un chirurgien esthétique pour le livre : quoi faire ? Dommage de perdre le début d’un événement historique pour parler de la chirurgie esthétique, mais l’entretien était fixée depuis plusieurs des jours et ils devaient y aller. Ils ne savaient pas que leur travail allait devenir un des plus importants. Serge regarde les manifestations à la télé de la salle d’attente du médecin avec plein d’autres patients : ils étaient en train de parler d’une partie de la population d’habitude oubliée quand on est concentrés sur la place et la rue.

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