Guinée: quand les nouvelles autorités s’attaquent aux médias

Par sa décision de 26 Juillet 2011, le Conseil National de la Communication, institution chargée de régulation des medias en Guinée a suspendu tous articles de presse relatifs aux tentatives d’assassinat contre le Président Alpha Condé.

Le Conseil National de la Communication qui est caduc par la loi organique L/2010/02 CNT du 22juin 2010 portant sur la liberté de la presse, montre ainsi une volonté de museler les médias, dans un contexte où le droit à la parole est plus que jamais nécessaire dans ce pays.

Le Conseil National de la Communication qui et caduc par la loi organique L/2010/02 CNT du 22juin 2010 portant sur la liberté de la presse, montre ainsi une volonté de museler les médias, dans un contexte où le droit à la parole est plus que jamais nécessaire dans ce pays.

Comme dit par le texte du CNC: « sont concernés tous les organes d’information publics et privés (Radios télévisions publiques et privées, presse écrite et presse en ligne et tout manquement à cette décision sera sanctionné conformément à la loi ». La situation en Guinée Conakry depuis le coup d’Etat est de plus en plus difficile : 38 personnes, 25 militaires et 13 civils ont été arrêtés et une information judiciaire a été ouverte pour « tentative d’assassinat du chef de l’Etat ».

Que cherche le Conseil National de la Communication en imposant le silence à la presse comme aux radios, télévisions et services en ligne ? L’attentat contre le chef d’Etat en date du 19 Juillet 2011 à son domicile nécessite évidemment des analyses.

L’histoire de la Guinée a toujours connu de multiples complots contre le régime. Ces tentatives d’assassinat ont toujours été suivies d’arrestations multiples. Cette règle s’est vérifiée du régime dictatorial de Sekou Touré (1958-1984), au multipartisme de Lansana Conte (1984-2008) à l’Etat sauvage du capitan Moussa Dadis Camara.

Le signal est amer face à cette démocratie naissante, après une première élection démocratique qui a conduit à la magistrature suprême le Président Alpha Condé, le 22 décembre 2010. Pour qui croyait qu’un régime démocratique était en train de se former, une telle décision constitue un signal de danger pour la démocratie.

Il constitue une violation flagrante de la liberté de presse car à défaut de l’information objective, ces sont les rumeurs qui prendront le dessus. Déjà « Reporters sans Frontières » et les associations de presse privées ont protesté. Ils demandent au Conseil National de la Communication l’annulation pure et simple de cette décision, qui est une violation éclatante d’une constitution, qui consacre la liberté de presse parmi les libertés fondamentales.

Bangaly Touré et Martina Castigliani

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