Le succès des expositions sur les perceptions des minorités

Face au nombre important d’expositions consacrées à la perception des minorités, il a fallu faire un choix. Deux lieux visités par nos reporters, rencontrent actuellement un succès retentissant.

D’une part, l’exposition « The Goutte d’Or » à l’institut des Cultures d’Islam dans le 18ème arrondissement de Paris, compte déjà plus de 8500 visiteurs. D’autre part, avec plus de 1600 entrées, l’exposition « Quelles vies ! » dans la galerie Fait et Cause, dans le 4ème arrondissement de Paris, suscite un véritable intérêt de la part des visiteurs.

Dans les deux cas, la mission est réussie pour les photographes : l’anglais Martin Parr, pour « The Goutte d’Or », et Olivier Pasquiers pour « Quelles Vies ! ». Leur talent est d’avoir réalisé des photographies touchantes, pleines de sensibilité. De quoi faire réfléchir les visiteurs sur la beauté de ces destins si différents et si proches de nous.

Plus précisément dans « Quelles Vies ! », les lumières sont braquées sur ces Marocains oubliés de guerre, ces jeunes ou sages, femmes ou hommes, sans travail et pour certains sans logement, celles et ceux qui ont fui les violences de leurs pays, sur ces corps contraints par l’extrême pauvreté, ces corps marqués… Pour autant, la pitié n’a pas sa place ici, ces personnes sont beaucoup trop dignes pour cela.

De son côté, Martin Parr dans « The Goutte D’Or » a tenu à montrer un regard décalé face à la stigmatisation de la population de ce quartier. Pleine d’humour, l’exposition montre sous un nouveau jour la population de ce lieu cosmopolite, à deux pas de Montmartre. Pas de prise de position, mais des prises de vues « Vous savez quoi, je me contente de photographier ce que je vois, c’est tout […] Je redoute toujours la propagande ». Et ce qu’il voit, est particulièrement beau.

Ces expositions posent la question cruciale de la perception de l’Autre. Souvent ignorées, les personnes photographiées semblent transparentes, mais à travers ces clichés, les photographes : Martin Parr pour l’exposition The Goutte d’Or et Olivier Pasquiers pour « Quelles Vies ! », arrivent à rendre opaques ces hommes et ces femmes.

Les photos ont le pouvoir de transformer les visages, tantôt mélancoliques, tristes, joyeux, rêveurs ou inquiets, ils existent. Ces témoins marqués par leurs vies et leurs espaces ont une présence palpable.

De simples curieux ou des amateurs d’art déambulent le long des photographies. Des yeux et encore des yeux grands ouverts admirent les regards exposés pour le moins profonds.

Les photographies exposées dans « Quelles vies ! » sont une série de portraits de personnes exclues. Comme le dit le photographe Olivier Pasquiers « J’ai choisi de m’asseoir à côté de ces gens, de les photographier, mais aussi de les écouter ». Ces représentations transpirent le sens de l’écoute. Ces autres sont un peu de nous, derrière ces portraits miroirs, les difficultés que les sujets ont pu rencontrer pourraient bien nous atteindre un jour. L’essentiel étant de choisir de faire comme eux : rester digne envers et contre tout.

 

Pour les deux expositions, l’entrée est libre, une raison de plus pour ne pas rater ces photos…

 

Informations sur les expositions :

 

– « Quelles vies ! » à la galerie FAIT & CAUSE, 58 rue Quincampoix, Paris 75004, jusqu’au 21 mai 2011. Du mardi au samedi de 13h30 à 18h30.

 

– « The Goutte D’Or ! » à l’Institut des Cultures d’Islam, 19-23 rue Léon, 75018, jusqu’au 2 juillet 2011.

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