Exil pour la Journée mondiale de la liberté de la presse

Comme chaque année, le 3 mai est la Journée mondiale de la liberté de la presse. A cette occasion, la Maison des journalistes a rassemblé une cinquantaine de personnes pour le vernissage de l’exposition internationale de dessins de presse sur le thème de « L’exil » (jusqu’au 1er juillet 2011).

Aujourd’hui, dans le monde, trop de journalistes se retrouvent encore en prison pour avoir exercé honnêtement leur métier, certains sont persécutés, d’autres trouvent la mort.

Pourtant l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme précise : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».

Cette journée prouve son utilité en rappelant à l’ordre les « mauvais élèves ». A ce jour, trois pays sont montrés du doigt pour le traitement fait aux journalistes, il s’agit de l’Erythrée, de la Corée du Nord et du Turkménistan. Mais contrairement aux idées reçues, des journalistes sont aussi menacés physiquement en Europe, dans des pays démocratiques comme l’Italie ou encore l’Espagne.

Tant que cette situation critiquable persistera, cette journée existera pour rendre hommage aux journalistes les plus courageux. Il est dans l’intérêt de tous de préserver la liberté de la presse. Notre droit de savoir est fondamental, rien ne saurait justifier que les journalistes indépendants deviennent des cibles pour les pouvoirs en place.

Avec ses moyens, la Maison des journalistes tente, malgré ses actuelles difficultés financières, de venir en aide aux journalistes contraints de quitter leur pays. Pour soutenir cette initiative, une quarantaine de dessinateurs de presse du monde entier dont l’Iranien Kianoush Ramezani, le Français Plantu, le Tchadien Achou, ou encore le Mexicain Angel Boligan, ont répondu présent en faisant preuve de générosité et de créativité.

Pour cette exposition pas comme les autres, trente dessins de presse sont exposés sur la façade extérieure de la Maison des journalistes, et cinquante à l’intérieur. Une vraie surprise pour les riverains. Les résidents eux, tous journalistes exilés, ont chacun rédigé une phrase sur le thème de l’exil, apposée sur la porte de leur chambre.

Après un discours de Darline Cothière et de Danièle Ohayon, respectivement directrice et présidente de la Maison des journalistes, l’un des dessinateurs et ancien résident : Kianoush Ramezani a remercié l’assemblée.

De son côté, Pierre Schapira, adjoint au Maire de Paris, chargé des relations internationales et de la francophonie, s’est déclaré fier de soutenir l’initiative de la Maison des journalistes. En tant que partenaire, le soutien de la Mairie de Paris s’est révélé indispensable.

Ensuite, pendant que les invités se régalaient devant le buffet, la directrice ainsi que les dessinateurs se sont livrés au jeu des interviews. Cette exposition itinérante se déplacera après le 1er juillet dans plusieurs villes de France et d’Europe.

Une initiative parmi d’autres. Il faut cependant, saluer le travail actif de Reporters sans frontières qui intervient directement auprès des journalistes, sur le terrain.

Le 3 mai est donc plus qu’une journée symbolique. Son utilité a récemment été prouvée en Algérie, par exemple. Le Président de la République Abdelaziz Bouteflika, vient de décider de dépénaliser le délit de presse. Cela traduit (au-delà du débat d’une potentielle récupération politique) une volonté affichée d’aider la presse dans son travail.

Pour soutenir la Maison des journalistes, Un catalogue de l’exposition rassemblant les œuvres, est vendu à 20 euros.

En cette journée symbolique, nous n’oublions pas nos confrères Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, journalistes de France 3, détenus depuis près de 500 jours en Afghanistan. Enlevés le 29 décembre 2009 par les talibans, en plein tournage d’un reportage. Nos pensées vont à eux et leurs proches.

Malika Khobeizi, Reportage-photo de Jean-François Deroubaix, Guillaume Bassinet et Roman Khandoker

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