Blaise Compaoré se dirige vers la porte de sortie

Rien ne va plus, depuis quelques jours, au Burkina Faso. Le pays « des hommes intègres » est fragilisé. Blaise Compaoré, dirige cet Etat depuis 24 ans, se retrouve confronté à une mutinerie sanglante. Le calme est pour le moins précaire.

A Ouagadougou, la capitale, pour la seule journée de samedi, difficile de fermer les yeux sur la grogne des militaires. Ils réclament de meilleures conditions de vie et plus précisément, le paiement des salaires du mois de mars, une indemnité de logement et une prime alimentaire.

Certains paiements sont en cours, mais ils arrivent un peu tard. Ces revendications ont déjà causé une cinquantaine de blessés par balles. Des cas de viol, selon une source hospitalière, auraient été également enregistrés.

Le pillage des magasins a aussitôt provoqué la colère des commerçants, qui s’en sont pris à leur tour, aux édifices publics. Le siège du parti au pouvoir incendié par les manifestants en colère témoigne de la violence vécue sur place.

Des nominations tous azimuts

Pris de court par la colère des militaires, le Président Compaoré tente de calmer le jeu. Son idée : nommer un nouveau Premier ministre. Une action symbolique pour faire passer un appel à l’apaisement. Après le « je vous ai compris » de De Gaulle, Blaise Compaoré aurait pu dire « je vous entends ». Fidèle à cette volonté de nommer de nouveaux représentants de l’Etat, et selon la radio d’État, le locataire du  » Palais Kossyam » a nommé de nouveaux officiers militaires aux commandes des différents Etats Majors de l’armée (de terre, de l’air et la gendarmerie).

Pour convaincre les mutins, Blaise Compaoré n’a pas hésité, un seul instant à se débarrasser de son homme de confiance : le général Djindjéré, tout-puissant chef d’Etat Major des armées dont la tête était réclamée par les mutins.

Face aux violences et scènes de pillage contre les commerces, le maître du Faso a aussi décrété, vendredi, un couvre-feu à Ouagadougou de 19h00 à 6h00, heure locale. Malgré toutes ces mesures, Blaise Compaoré a du mal à imposer son autorité. Plusieurs observateurs voient en cette mutinerie un signe avant-coureur de sa chute les jours à venir.

Arrivé au pouvoir en 1987, après avoir renversé son compagnon Thomas Sankara, Blaise Compaoré dirige le Burkina Faso d’une main de fer. Ces derniers jours, il est confronté à une vague de manifestations contre son régime.

La population locale vit dans la crainte de nouvelles violences des militaires, reste à savoir si le Président Compaoré va survivre à cette colère généralisée des « hommes intègres ».

Mamadou Saliou Diallo

Publicités

Commentaires fermés sur Blaise Compaoré se dirige vers la porte de sortie

Classé dans International

Les commentaires sont fermés.