Libye : la terreur au quotidien

Deux mois se sont déjà écoulés depuis le début de la révolte populaire en Libye. L’accalmie n’est pas encore d’actualité.

La rébellion est impuissante. Elle n’arrive pas s’avancer vers la capitale Tripoli et le « guide » Mouammar Kadhafi est décidé à rester au pouvoir. La coalition internationale bombarde des zones stratégiques et apporte de l’aide aux insurgés. Cependant les forces loyalistes contrôlent encore les principales villes pétrolières du sud.

Qui peut arrêter le quotidien des massacres en Libye ? La Ligue libyenne des Droits de l’Homme a recensé plus de 6000 morts dont 3000 dans la seule ville de Tripoli, l’épicentre des opérations militaires. Mouammar Kadhafi, qui gouverne depuis plus de 41 ans avec un bras de fer, tourne le dos à tous les messages de paix et d’intimidation adressés par la communauté internationale.

Le 3 mars dernier, le procureur de la Cour internationale de justice annonce qu’une enquête pour « crimes contre l’humanité » pèse contre lui. Et le colonel répond en menaçant l’Union Européenne « de cesser de coopérer dans la lutte contre l’immigration si elle continue à « encourager » les manifestations dans le pays ». Il va plus loin encore en menaçant de nationaliser les sociétés européennes présentes sur son territoire.

Sur le terrain, plusieurs personnalités et hommes politiques, proches du régime, ont démissionné, en protestant contre la répression. C’est le cas ministre de la Justice : Mostefa Mohamad Abdeljalil dans le Conseil National de Transition (formé le 27 février). Suivi par certains ambassadeurs de la Libye à l’étranger, à l’ONU et à l’UNESCO.

D’autre part, le régime de Kadhafi trouve encore du soutien auprès de certains pays de la région. Comme la Turquie dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a indiqué être hostile à une ingérence étrangère en Libye. Il réclame l’arrêt des violences avec un cessez-le-feu immédiat. La Syrie, aussi, où le gouvernement a mobilisé des pilotes de son armée de l’air pour aider les forces fidèles au régime.

Alors que Seif al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, qualifie les rumeurs d’un éventuel départ de son père de « ridicules », la crise en Libye continuer à flamber le marché des hydrocarbures.

Mais « le pire est encore à venir » selon le PDG de Total.

N’est-il pas déjà arrivé ?

Saïd Khatibi

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