Entre changement et confusion en Côte d’Ivoire

Difficile d’y croire pourtant l’ambassade de France vient de confirmer l’information : Laurent Gbagbo vient d’être arrêté par les forces pro-Ouattara, aidées par l’Onuci. Simone Gbagbo et son mari sont à l’Hôtel du Golfe, dans le quartier du Président reconnu par la Communauté internationale : Alassane Ouattara.

Alors que dans un premier temps, les forces du Président sortant ont regagné du terrain à Abidjan, les tirs à l’arme lourde de l’Onuci ont aidé les pro-Ouattara. Le quartier de Cocody où se trouve la résidence du Chef sortant a été secoué ce lundi 11 avril. La demeure de Laurent Gbagbo aurait été partiellement détruite. Son porte-parole dénonce une tentative d’assassinat.

Malgré les frappes aériennes « ciblées » de l’armée française pour neutraliser les forces du Président sortant, le pays de feu Houphouët Boigny continue de s’enliser dans un bourbier qui ne dit pas son nom. Quatre mois après l’élection, le spectre d’une guerre civile plane plus que jamais sur la Côte d’ Ivoire. Plus précisément, à Abidjan, le quartier d’affaire, Le Plateau et Cocody sont témoins de violents affrontements entre les partisans d’Alhassane Ouattara, Président reconnu par la communauté internationale, et les hommes de Laurent Gbagbo, Président décrié par la même communauté.

Pour la première fois depuis le début de la crise, samedi, l’Hôtel du Golf » soit le QG du Président de la communauté internationale, Alassane Ouattara, essuie des tirs de mortier probablement de la part des pro-Gbagbo. Juste après les tirs, le porte-parole du gouvernement de Laurent Gbagbo : Ahoua Don Mello, est monté au créneau pour dénoncer une « attaque imaginaire ». La stratégie est claire : démentir les informations qui accusent les hommes de Gbagbo d’avoir ouvert le feu contre le QG de Ouattara.

Laurent Gbagbo : un dirigeant tenace !

Beaucoup l’ont cru dérouté à jamais, pourtant Laurent Gbagbo s’accroche au pouvoir. Ses hommes se battent avec acharnement pour protéger le palais où il serait retranché, mais aussi la Radio Télévision Ivoirienne et les quartiers stratégiques comme Le Plateau et Cocody.

Déterminés, les inconditionnels de Gbagbo réussissent à plusieurs reprises, à repousser l’assaut des pro-Ouattara.

Résultat : impossible pour le moment d’isoler définitivement Laurent Gbagbo.

La résistance des hommes du Président sortant serait consécutive à une profonde division qui mine les forces loyales de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara.

D’ailleurs, les avocats du Président Ouattara demandent à l’Onuci de multiplier les frappes aériennes pour « éliminer sans délai les armes lourdes, neutraliser les miliciens à la solde de Gbagbo qui constituent une force d’occupation illégale, et « remettre à la justice le candidat battu ». Cette lettre montre les profondes dissensions pour mettre à mal l’attaque éclair lancée précédemment contre Abidjan.

Une catastrophe humanitaire

Comme dans tout conflit, les civils paient un lourd tribut aux violents affrontements entre forces loyales à Ouattara et pro-Gbagbo pour le contrôle d’Abidjan.

Les civils, livrés à eux-mêmes, manquent de tout : pas d’eau potable, pas de courant. Pire, la famine commence à sévir dans certains quartiers de la capitale économique ivoirienne.

Autre problème : des cadavres, dont certains sont en état de putréfaction avancée, jonchent certaines rues d’Abidjan.

Dans cette ambiance macabre, les bandes de pillards font la loi dans certains lieux de la grande métropole ivoirienne.

Pauvre Afrique.

Mamadou Saliou Diallo

Publicités

Commentaires fermés sur Entre changement et confusion en Côte d’Ivoire

Classé dans International

Les commentaires sont fermés.