Hommage au poète philosophe Edouard Glissant (1928-2011)

Loin des hymnes où les âmes s’unissent pour le meilleur et le pire. La petite salle ou plutôt la salle mythique du 10ème arrondissement de la mairie de Paris à faillit à la coutume. Dans ce temple d’immortalisation, l’objectif en ce 30 mars 2011, est de rendre hommage à celui dont, la pensée évolue avec controverse dans des chemins interminables.

Depuis le 3 février dernier, Edouard Glissant n’est plus. Il laisse derrière lui des hommes orphelins de son univers poétique et philosophique.

1 heure 45 mn, pour parcourir la nuit des temps, la vie et l’œuvre de cet intellectuel martiniquais. Pas assez. Cependant, l’effort majeur des organisateurs est réussi : mettre en exergue la pensée poétique et philosophique d’Edouard Glissant.

Sous son manteau de poète, Edouard Glissant s’efforce de donner vie à ses écrits. Il réussit à faire fusionner la poésie et le réel. Cette rencontre illustrée à travers le surf et la poésie tente de reproduire l’action du sage. La fente du surfer rime avec le détour du poète qui oppose les systèmes de pensée. L’inspiration d’Edouard, au-delà de la poésie classique de vers et mots, donne le sens matériel et parlant de la poésie.

En reniant la négritude de Césaire, Edouard Glissant ose et propose une théorie, la sienne : Si la colonisation est le métissage imprévisible, cela débouche à la modélisation de la culture. Cette assertion enregistrée par l’équipe organisatrice de l’hommage, est suivie. Au cours de la soirée, une improvisation de danse chinoise accompagnée de tambours de la Martinique, montre qu’Edouard Glissant, est un philosophe avant-gardiste.

Cette illustration propose des visions à l’égard de ce que nous vivons aujourd’hui. C’est dans les bateaux négriers que s’est effondrée la musique des esclaves. Dans les imaginaires souffrants nait la musique « negro-antillaise » et américaine.

Cette pensée d’Edouard débouche à sa créolisation. C’est le début d’une nouvelle étape, l’embarquement dans l’air poétique, bercé par son utopie.

La créolisation est une réalité complexe, parce que qu’elle est le métissage ajouté à une autre chose (qu’on ne peut qualifier).

Cette démarche donne lieu à un clivage entre Edouard Glissant, le poète, et l’Autre : le philosophe.

Le public présent découvre plus qu’une utopie « glissantienne » qui divise pour perfectionner l’ordre et la mesure. Il s’agit de rappeler, pendant la projection, qu’Edouard Glissant est reconnu comme Docteur Honoris Causa.

Les lampes et lumières de la soirée se sont éteintes, sous un hymne intitulé Belina, qui célèbre les roses de son pays natal. L’ambiance est au recueillement mais surtout à la « Réflexion ».

Pour certaines personnes présentes à l’hommage, cet hommage à Edouard Glissant doit être perpétuel afin d’explorer d’avantage la pensée de l’Homme.

Toure Bangaly

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