Une journée pour un monde sans mines antipersonnel

Les mines antipersonnel : un « cadeau de l’Histoire » laissé en héritage dont plusieurs personnes aujourd’hui handicapées ou mortes se seraient bien passées. Selon Handicap International, près de 80 pays sont concernés (d’après des études datant de septembre 2010).

Il y a un an, jour pour jour, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, fait un appel solennel. Il demande de poursuivre les efforts pour libérer le monde de la menace posée par les mines. Cette journée internationale contre les mines lancée depuis 2005 par l’Onu, est nécessaire.

A ce jour, selon Handicap International, on estime à 5000 le nombre de victimes tuées ou mutilées par des mines. Plus d’un tiers des victimes sont des mineurs, en somme des enfants. Ce chiffre reflète probablement peu la réalité, puisqu’il ne tient compte que des personnes qui ont fait la démarche de se déclarer officiellement comme victimes. Cela exclut donc les victimes dans des zones reculées, et ce dans l’indifférence totale. Derrière l’expression mines antipersonnel, les bombes à sous munitions sont aussi montrées du doigt pour leurs effets destructeurs.

Ces personnes valides passent brutalement à l’état de personne atteinte d’un handicap, plus ou moins sévère. Après le choc et pendant de nombreux mois, il leur faut réapprendre à vivre, à survivre avec ces blessures au niveau physique bien sûr mais surtout psychologique.

En cette journée internationale contre les mines, l’initiative porte ses fruits, un travail long de vingt années pour sensibiliser l’opinion publique. L’occasion de rendre hommage aux démineurs qui prennent des risques extrêmes pour sauver des vies.

Rien que pour les deux premiers mois de l’année 2010, près de 112 000 différents types d’explosifs en Afghanistan, ont été détruits grâce au travail, pour le moins courageux, des démineurs.

Pour les Nations Unies, cette cause reste majeure, ce qui l’amène à organiser la lutte contre les mines dans 60 pays en soutenant le centre d’action anti-mines. Le traité d’Ottawa, à travers la signature d’une convention en 1997, a permis d’interdire l’emploi, le stockage et la production des mines. Cette initiative a fait passer le nombre de victimes de 26 000 à 6000 en 10 ans.

Avec cette diminution, l’effet des traités internationaux dans la lutte contre les mines antipersonnel est positif. Des résultats encourageants, pour autant, l’heure n’est pas aux réjouissances. Le nombre de personnes ayant survécu à des accidents causés par des restes « explosifs de guerre » augmente. Il s’agit d’obus d’artillerie et de mortiers, de roquettes, de missiles, de grenades non explosées.

De plus, le manque d’assistance aux victimes se fait trop sentir. Cela se traduit par la nécessité d’avoir des soins médicaux et de bénéficier d’une rééducation digne de ce nom. Souvent, les personnes touchées perdent un membre et ne peuvent plus travailler. Là encore, des aides sont indispensables.

Mauvais élèves

Pire, certains pays ne jouent pas le jeu. Sans surprise, c’est le cas de l’Afghanistan, de la Colombie, de l’Inde, de l’Irak, du Liban, du Pakistan et de la Tchétchénie. Parmi les autres Etats concernés par les mines, on trouve le Danemark, la Pologne, l’Arménie et le Pérou. Moins étonnant pour certains, le Burundi, le Cambodge, Chypre, les « deux Corées », Cuba, la Croatie, Israël et la Libye font partie des Etats touchés. Enfin le Maroc, le Tchad, la Syrie, le Népal, l’Ouganda, la Russie, le Vietnam ou encore la Thaïlande et le Sénégal sont aussi mentionnés par Handicap International.

Human Right Watch vient de lancer une alerte depuis la découverte d’une trentaine de mines antipersonnel à Ajdabiya et à Benghazi, en Libye. L’Etat dirigé par Mouammar Kadhafi stockerait 12 entrepôts contenant des dizaines de milliers de mines antipersonnel. Des objets de la mort qui ne seront certainement pas utilisés comme décorations.

C’est pour prévenir les futures victimes que Handicap International envoie une mission d’opération, ce mercredi 6 avril, pour mettre en place un dispositif de sensibilisation auprès de la population civile de Benghazi.

Le comportement à adopter face à une mine antipersonnel

Contrairement au reflexe humain, il est vivement déconseillé de manipuler, ou de lancer un projectile sur une mine. Il est indispensable de la marquer avec une pierre en délimitant un périmètre à ne pas investir. Ensuite, il faut prévenir les riverains, les autorités locales et Handicap International. Ces services une fois alertés, gèrent la suite, en organisant l’envoi d’une équipe de démineurs.

Le saviez-vous ?

Des indices nous permettent d’anticiper sur l’existence de mines. Des carcasses d’animaux, des voitures incendiées, des véhicules de guerre désossés et noircis par les flammes sont une source d’information non négligeable.

Des affiches comportant des illustrations permettent de rendre efficace le travail de prévention. Cette action est une priorité pour éviter de nouvelles victimes. Or tant que la Libye et 36 autres Etats se borneront à refuser d’interdire ces armes, le pessimisme est de mise.

Malika Khobeizi

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