Japon : la tête sous l’eau

Sixième jour d’inquiétude au Japon. Un Etat affaibli et une population digne alors que s’enchaînent les catastrophes. Une situation presque hors de contrôle, relayée en direct par tous les médias du monde. Et pour cause, le bilan à ce jour fait état de 3700 morts, mais en réalité, il faut s’attendre à des pertes humaines plus importantes.

« Imprévisible » le mot utilisé par l’Empereur japonais : Akihito, résume à lui seul la situation instable et préoccupante dans laquelle se trouve son peuple. Des propos graves transmis à la télévision à la hauteur de cette catastrophe. Il a dit prier « pour que nous prenions tous soin les uns des autres et surmontions cette tragédie ».

Après plusieurs séismes et un tsunami dévastateurs au large des côtes nord-est du pays près de Sendaï, et l’explosion des 4 réacteurs nucléaires dans la centrale de Fukushima 1, le malheur ne semble pas vouloir quitter le Japon.

La confusion règne depuis vendredi 11 mars. Un premier séisme, d’une magnitude réévaluée à 9 sur l’échelle de Richter, secoue comme jamais le pays. Dans la nuit du mardi 15 au mercredi 16 mars, un nouveau séisme d’une magnitude 6 s’est de nouveau fait sentir.

Tsunami, raz-de-marée, glissements de terrain, inondations, séisme et incendies, le Japon vit « sa plus grave crise depuis la Seconde guerre mondiale », selon le Premier ministre Naoto Kan.

Les victimes et leurs biens sont enfouis sous la boue. Depuis samedi, les inquiétudes prennent de l’ampleur avec l’explosion du premier réacteur du site de Fukushima à 240 kilomètres au nord de Tokyo. Le même scénario touche les 3 autres réacteurs. Les fuites radioactives nécessitent alors l’évacuation de 215.000 riverains. Au vu du taux déjà élevé de radioactivité qui ne cesse de monter, impossible pour l’instant de refroidir les réacteurs. Devant les multiples menaces qui guettent les Japonais, ce drame pourrait remettre en cause l’énergie nucléaire. Les dangers de la radioactivité sont connus : destruction de la moelle osseuse et des plaquettes sanguines, sans compter les malformations pour les nouveaux-nés.

Pendant que certains s’attardent sur l’effondrement de la bourse de Tokyo, plus de 5 millions de foyers sont privés d’électricité et de chauffage. Un million de foyers demeurent sans eau potable. De quoi rendre le cauchemar des survivants plus difficile encore alors que la neige tombe sur place.

Les premières équipes de secours envoyées par l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, la Suisse, le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis sont sur place. Plus de 11.000 personnes sont inscrites sur les listes de morts et de disparus.

A l’heure où de nouveaux cadavres sont retrouvés, la menace de vivre une catastrophe nucléaire comme celle de Tchernobyl en Ukraine se fait de plus en plus grande.

Nadeur Bouzidi, journaliste, dessinateur

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