Génération perdue : un film renversant

Bouleversant. C’est le mot prononcé par certains spectateurs du cinéma Le Nouveau Latina, à Paris, après la projection du documentaire « Génération perdue ». Diffusé en avant-première, lors du festival international du film des droits de l’homme, ce film retrace, à travers deux parcours de jeunes, les difficiles conditions de survie des enfants devenus orphelins à cause du Sida.

« Je vais mourir, je vais mourir » dit une femme atteinte du VIH. Le film s’ouvre sur une scène pour le moins fataliste, avec l’image d’un cimetière. C’est le symbole par excellence de la perte. L’histoire se déroule dans la province sud-africaine du KwaZulu-Natal, où 60 % de la population y est atteinte du sida. Des milliers d’enfants orphelins malades ou non, sont alors violemment propulsés aux dures réalités de la vie. C’est sur eux que le réalisateur allemand, Silke Kaiser, rend hommage en les plaçant au cœur du documentaire.

Ces enfants ont des regards troublants, semblables à ceux des adultes. Le virus du VIH emporte en même temps que leurs parents, leur propre innocence. Complètement abandonnés à eux-mêmes, leur survie dépend entièrement de l’action des organisations associatives.

« Génération perdue » est un film militant. Plus que de l’information, ce documentaire est un appel à l’action pour que ces enfants soient accompagnés dans leur passage à l’âge adulte. A l’heure où l’accès à l’information est facilité par la technologie, la prévention et l’éducation en direction des populations à risque ne sont pas assez efficaces sur le terrain.

Manque de moyens, mais surtout de repères pour ces orphelins, qui deviennent une proie facile pour les réseaux de proxénétisme et de prostitution. Le rôle que doivent jouer les aînés, dans la transmission des valeurs et des principes de vie, est fondamental.

Pour autant, malgré cette cruelle réalité racontée par l’auteur, le documentaire met un coup de projecteur sur l’action des associations dont les résultats semblent porteurs d’espoir. C’est en somme, une expérience de vie dont il faut se nourrir pour ne pas reproduire les erreurs du passé.

En partant de l’exemple de la situation en Afrique du sud, ce documentaire raconte aussi le drame que vivent les victimes du Sida partout dans le monde. Pauvres ou pas, le seul moyen de se protéger est de faire passer un message de prévention. Au vu de la situation critique, il est de la responsabilité de chaque gouvernement d’agir en amont et de faire plus, pour sauver des vies.

Priyanka S. Wijesinghe, journaliste sri-lankaise

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