Accéder à l’eau potable pour étancher les soifs de demain

Chaque année, entre 4 et 5 millions de personnes meurent à cause de l’eau insalubre. Une hécatombe. Si la consommation d’eau non potable constitue la première cause de mortalité dans le monde, « c’est parce que des millions de gens n’ont que ça à boire » rappelle l’association « Solidarités International ».

Tel est le message diffusé dans le spot de sensibilisation du site http://www.solidarites.org à l’occasion de la journée mondiale de l’eau. Un appel trop peu diffusé dans les médias, en dehors de la chaine télévisée M6. Ce fléau mérite pourtant un coup de projecteur, que l’actualité soit brulante ou non.

Une situation plus qu’inquiétante…

Un milliard de personnes doivent marcher pendant 3 heures pour s’approvisionner en eau potable. Parmi les régions les plus touchées figurent l’Afrique subsaharienne, l’Inde, le Pakistan, l’Afghanistan, et les pays de l’Asie du sud-est.

Cette eau, qui semble inoffensive, cause des maladies dangereuses si elles ne sont pas soignées à temps. Des diarrhées aux vers intestinaux, des maladies cardio-vasculaires et des infections respiratoires aigues, car le corps humain a besoin d’eau pour être sain. Et les premières victimes sont les plus enfants, trop fragiles, 1,5 millions n’atteignent pas l’âge de 5 ans.

Face à ce constat, l’association Solidarités International n’a d’autres choix que de continuer son combat depuis 2006.

Des résultats encourageants

En apparence, ces appels semblent sans effet flagrant, mais en réalité, il y a quelques petites avancées. Par exemple, depuis le 26 juillet 2010, l’accès à l’eau potable est reconnu comme un droit humain. Un bémol tout de même : sans sanctions prévues pour les Etats qui ne jouent pas le jeu, en veillant à la qualité de l’eau, il y a peu de chances que les avancées soient rapides.

« Entre 1990 et 2008, 1,8 millions de personnes ont gagné un accès à de l’eau potable » déclare Grégory Bulit, membre de l’association Solidarités international. Mais le combat reste de taille avec plus de trois millions de personnes encore dans le besoin. Ces chiffres émanant des Nations unies témoignent de la difficulté de trouver une solution durable. Et vu la croissance démographique, la tendance n’est pas à l’optimisme.

Dans le même temps, il est difficile de ne pas comparer ces chiffres accablants au gaspillage incontestable des pays riches. Par exemple, cela force la réflexion de savoir que 66 % de l’eau douce de la planète est utilisée pour l’irrigation pendant que certains meurent de soif.

A ce jour, un Américain utilise en moyenne 700 litres d’eau par jour, un Européen 200 litres et un Africain 30 litres, avec d’importantes disparités sur ces continents.

C’est dire l’urgence de prendre conscience de la gravité de la situation. Plus que des frustrations, la gestion de l’eau et la question de son assainissement provoquent de vives tensions géo-politiques et sociales. C’est d’ailleurs déjà le cas dans de nombreuses régions, telles que dans le plateau du Golan, ce qui ne n’aide pas à régler le conflit israélo-palestinien.

Plan débrouille pour les générations futures

L’urgence est de trouver des solutions, or comment les trouver quand on sait que des eaux souterraines peuvent rester polluées durant 2000 ans…

Des études montrent que si les Etats développés investissaient entre 20 et 40 milliards de dollars par an jusqu’en 2015, le problème serait quasiment résolu. Or, pour 2008, le budget est estimé à 7 milliards de dollars, soit trois fois moins que les prévisions. Les pays en développement portent eux aussi une responsabilité. En 2008, selon l’ONU, ils consacrent en moyenne, 0,8% de leur PIB (produit intérieur brut) à l’eau potable. « C’est quasiment une absence de plan à ce niveau là » dénonce Grégory Bulit.

Une seule alternative alors, que les citoyens du monde s’emparent du sujet et agissent concrètement « Parce que la soif du cœur ne s’apaise pas avec une goutte d’eau » (citation de Mocharrafoddin Saadi).

L’eau étant une ressource rare, il n’est pas impossible que dans un avenir plus proche qu’on ne l’imagine, ce liquide transparent devienne le « pétrole » de demain. En témoigne, la privatisation de l’eau déjà effective dans les pays aisés.

Ce sujet semble mis de côté par les pays du Nord, puisque entre 1997 et 2008, l’aide globale apportée aux pays du Sud est passée de 8 à 5 %.

Seule solution alors : établir un dialogue avec les sociétés déjà touchées par l’aridité naturelle de certaines régions du globe – car « c’est par la soif, qu’on apprend l’eau » (emily dickinson).

« Il est dans l’intérêt de tous de sauver ces vies, et cela permettrait de développer l’économie locale de ces régions. Pour un dollar investi dans l’eau potable, un pays peut en retirer 3 à 12 dollars » ajoute Grégory Bulit. Dans la course à la rentabilité, une personne assoiffée ne peut être aussi productive à l’école ou au travail qu’un individu qui boit à sa soif.

Pour finir, une ultime citation de Paulo Coelho résume parfaitement la complexité de la situation : ‘Plus que la faim, la soif, le chômage, la souffrance d’amour, le désespoir de la défaite, le pire de tout, c’est de sentir que personne, mais absolument personne en ce monde, ne s’intéresse à nous ».

A un an du 6e Forum Mondial de l’Eau, qui aura lieu à Marseille en mars 2012, « Solidarités international » a besoin de 30 000 signatures supplémentaires pour atteindre les 100 000 qui serviront à relayer le message au Président de la République. Nicolas Sarkozy qui préside le G8 et le G20 n’aura plus qu’à faire le nécessaire.

Malika Khobeizi

Pour signer la pétition : http://www.votregouttedeau.org/

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