Insoutenable vérité

« Vous n’aimez pas la vérité » le titre du long métrage présenté pour la cérémonie d’ouverture du Festival international du film des droits de l’homme, ce mardi 8 Mars est percutant. Pour cette 9ème édition, une centaine de spectateurs se sont réunis hier soir, au cinéma Le Nouveau Latina, situé dans le 4ème arrondissement de Paris.

Loin du glamour du Festival de Cannes, les spectateurs semblent apprécier le cinéma indépendant dans toute sa splendeur. Impossible ici de trouver un film d’action bourré d’effets spéciaux : le cinéma commercial est banni.

Rapidement le public hétéroclite s’est installé dans la salle intimiste. Après le discours d’acceuil prononcé par le Directeur Vincent Mercier ainsi que le programmateur du festival : Frédéric Debomy, la projection commence.

Les premières images de ce documentaire donnent l’ambiance, elles proviennent principalement d’images de caméras de surveillance. Elles montrent les quatre jours d’interrogatoires subis par le jeune Omar Khadr. Il n’a que 16 ans, et pourtant il est considéré comme un terroriste et traité comme un quelconque détenu dans la prison de Guantánamo Bay.

Sous les images insoutenables de tortures, les réalisateurs Luc Côté et Patricio Henriquez dénoncent les injustices lors des interrogatoires pour le moins musclés. Les séquences dévoilées sont une première, jamais auparavant de telles vidéos sont sorties de Guantanamo.

La méthode des auteurs est simple mais efficace : ils se basent sur les 4 jours d’interrogatoires d’Omar Khadr datant de 2002. Cela, les images se suffisent tant elles parlent d’elles-mêmes.

Des échanges entre l’adolescent et une équipe d’interrogateurs canadiens, tel est le résumé de ce le long métrage dédié aux droits de l’homme.

Derrière cette simplicité technique, se cache surtout une complexité déconcertante reliant le terrorisme à la peur et la haine. Il nous montre jusqu’où des êtres humains peuvent aller par désir de vengeance. Et d’une façon plus neutre l’impact du 11 septembre 2001 ainsi que les séquelles des soldats américains prêts à tout pour avoir des résultats.

Plus qu’une analyse des conséquences légales et politiques d’un échange forcé, le film pointe du doigt les différentes méthodes de tortures physiques et mentales infligés aux détenus de Guantánamo.

Au final, le spectateur en ressort ému et révolté. Une seule question hante l’esprit : comment est ce possible d’en arriver là ? Au fond, l’objectif n’est pas de savoir si, le détenu est réellement coupable ou pas.

Un constat : le spectateur cogite amèrement sur ces actes de « barbarie gratuite » infligée aux prisonniers de Guantánamo Bay. Difficile de ne pas se sentir coupable à tort ou à raison.

Un documentaire qu’il faut regarder tant cette réalité fait mal, à la fois choquant de vérité et révoltant, les esprits sont marqués au fer rouge pendant 99 minutes.

Nadeur Bouzidi, photographe et dessinateur

Retrouvez toutes les informations sur le festival : www.festival-droitsdelhomme.org

 

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