Kadhafi reprend la main

Décidemment, le « guide » libyen est loin de dire son dernier mot. Après un mois d’affrontements, face à son propre peuple, la victoire et l’espoir de renverser le colonel, de marcher sur Tripoli, s’éloigne de plus en plus pour les insurgés.

La détermination des rebelles ne pèse pas assez lourd face à la tactique efficace du dictateur. Depuis le 24 février, l’emploi de mercenaires, expérimentés, est confirmé par le ministre démissionnaire de la Justice : Moustapha Abdel Jalil. Ces combattants sont payés des centaines d’euros par jours pour tuer les insurgés. Combien ? Difficile à savoir. Mais cela fonctionne. Kadhafi va même jusqu’à proposer de passer l’éponge sur les exactions des insurgés en échange d’un ralliement. Pour les plus réticents, une fin difficile est à envisager, tant que la communauté internationale ne s’accordera pas pour agir et vite.

La situation est urgente, puisque depuis le 20 février, la répression est à l’origine de centaines de morts et selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) 280 000 réfugiés ont fui les violences.

Le scénario prend une tournure imprévue. Depuis le début du mois de mars, les forces du « guide » libyen contre attaquent avec une violence pour le moins organisée. Pour ce faire, Mouammar Kadhafi ne lésine pas sur les moyens. Quitte à se retrouver, un jour, dans le box des accusés du Tribunal Pénal International de la Haye pour « crimes de guerre et crimes contre l’ Humanité ». A l’aide de raids aériens, d’armes lourdes, les troupes régulières sont en train de reprendre, une par une, les villes que les insurgés avaient conquises au lendemain de l’éclatement du  » printemps arabe » version libyenne. Une révolution qui semble à ce jour, avortée.

Après la prise stratégique de la ville d’Adjabya dans l’Est du pays, les hommes de Khadafi avancent vers Benghazi, le dernier fief des insurgés. Cet objectif devrait être atteint d’ici 48 heures selon le fils de Kadhafi. Rien que pour la journée de mardi lors de la prise d’Adjabya, les soldats aux bandeaux verts ont tué une vingtaine de morts selon des médecins.

Qu’attend donc la communauté internationale pour mettre un terme au carnage libyen ?

Alors que le colonel Kadhafi et ses hommes foulent aux pieds toutes les conventions internationales sur la manière dont il convient de gérer des crises similaires à celle-ci, la communauté internationale n’arrive toujours pas à s’entendre sur les actions à mener. La fin de quatre décennies de dictature n’est pas prévue pour aujourd’hui, ni demain.

Le G8, l’Union européenne, la Ligue arabe sont autant d’organisations en désaccord entre elles mais les représentants politiques au sein d’un même Etat sont loin du consensus, ce qui laisse peu de place à l’optimisme.

Mamadou Saliou Diallo, journaliste guinéen

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