Sans papiers, mais pas sans voix

Une trentaine de manifestants réunis devant le Consulat d’Algérie de Paris dénoncent « le racket sur les cotisations des travailleurs sans papiers ».

Rassemblés jeudi 3 mars, et soutenus par le collectif Droits Devant, ils exigent l’arrêt des expulsions des sans papiers mais pas seulement. Aujourd’hui, les Algériens et leurs sympathisants veulent se défendre face à un système critiquable : selon l’article 40, ils sont exclus de la régularisation par le travail.

Concrètement, sans récépissé valide, le consulat ne délivre pas de renouvellement des passeports.Cette décision est lourde de conséquences puisque les sans papiers se retrouvent dans des situations des plus difficiles.

Ces femmes et ces hommes deviennent des cibles faciles au quotidien pour des employeurs peu scrupuleux.

Rassemblés dans un premier temps, mardi 1er mars, les manifestants n’ont pas digéré l’annulation à la dernière minute, de la rencontre tant attendue. Devant la détermination du groupe, le consul s’est engagé à les recevoir jeudi 3 mars. Cette initiative n’a pas manqué de raviver la motivation des troupes.

Changement de cap : seul le vice-consul reçoit le collectif. Monsieur Kouachi s’est justifié de devoir respecter les accords signés entre la France et l’Algérie, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un problème flagrant pour les sans-papiers.

Des réponses à la hauteur de la déception du collectif qui ne compte pas s’arrêter là. La délégation de 6 responsables reçue par le vice-consul est composée de deux membres de Droits Devant, un responsable de l’union syndicale Solidaires, la coordination des sans papiers du 17ème arrondissement de Paris, la Coordination du 93, et de l’association des Travailleurs maghrébins de France (ATMF). Cette mobilisation risque fort de se renouveler tant que la régularisation de tous les sans papiers n’est pas effective.

Pour Droits devants, la lutte continue.

Pierre Gayral, représentants le collectif Droits Devants

N.B : Depuis le 26 septembre 2007, le collectif Droits devant agit en faveur des sans papiers. Ils dénoncent l’article 40 de la loi Hortefeux du 20 novembre 2007 : qui envisage une régularisation de travailleurs sans-papiers, au cas par cas…

Une aubaine pour certains patrons… « Leur régularisation doit se faire dans l’égalité des droits avec les autres travailleurs, sans générer de nouvelles discriminations. C’est pourquoi des ministères comme ceux du Travail, des Affaires Etrangères, de l’Economie et des Finances, concernés par le travail, le co-développement ou l’argent des travailleurs sans-papiers (taxes, impôts…), sont concernés par cette exigence de régularisation et doivent prendre leurs responsabilité » dénonce un communiqué du collectif.

Reportage-photo de Guillaume Bassinet et Nadeur Bouzidi

Publicités

Commentaires fermés sur Sans papiers, mais pas sans voix

Classé dans France, Société

Les commentaires sont fermés.