Affaire des  » biens mal acquis » : des chefs d’Etat africains reconnus coupables dans une pièce de théâtre

Feu Oumar Bongo, défunt président du Gabon, M. Denis Sassou N’ Guesso, président du Congo Brazzaville, M. Théodore Obiang N’Guéma, président de la Guinée Équatoriale, M. Paul Biya, président du Cameroun, M. Faure Gnassimbgé, président du Togo, M. Eduardo Santos, président de l’ Angola et M. Blaise Compaoré, président du Burkina Faso sont déclarés coupables par 44 voix contre 6″.

C’est le verdict sans appel qui a sanctionné, mardi 11 janvier 2011, le procès de ces chefs d’ État africains dans une pièce de théâtre interactive jouée par la troupe des instants au Pavillon des Cordeliers de l’ école de médecine dans le 6ème arrondissement parisien.

Durant une heure et demi environ, des acteurs rompus ont joué en robes, qui l’avocat de la défense, qui l’avocat de la parti civile ou encore le juge pour tenter de faire la lumière sur les biens mal acquis de ces présidents africains. Dans une joute oratoire digne des grands procès, les acteurs ont tenu en haleine une cinquantaine de jeunes gens dans un amphi de l’école de médecine transformé en prétoire pour la circonstance.

Sur fond de vidéo-projection du patrimoine des présidents épinglés, comme les biens immobiliers de feu Oumar Bongo, ceux de Paul Biya, de Théodore Obiang Nguéma ou de Denis Sassou N’guesso, des biens mal acquis évalués à au moins 160 millions d’euros, les acteurs se sont attelés à lever le voile sur cette affaire nébuleuse qui reposerait sur la françafrique. Un système mafieux mis en place par Paris, dit-on, pour garder la mainmise sur les immenses richesses naturelles du continent africain. C’est-à-dire que la France soutiendrait et protégerait ses chefs d’états mis en cause, ainsi que leurs biens, pour mieux profiter des ressources du continent.

Marquée d’émotion aussi, surtout avec le témoignage accablant et pathétique du journaliste brûlé au troisième après avoir perdu sa femme et sa fille dans le combat qu’il mène depuis toujours pour que ces dirigeants soient trimballés devant les tribunaux afin que toute la lumière soit faite sur leurs biens mal acquis, le spectacle a été suivi par une séance de questions-réponses avec des membres de l’association survie.

 » L’argent des pays riches ne doit pas profiter aux riches des pays pauvres……… »

La pièce de théâtre représentant le procès des biens mal acquis est une œuvre de Lionel Girard. Il est revenu au micro de l’Œil de l’Exilé sur l’objectif de la représentation du  » Procès des Biens Mal Acquis », le titre de sa pièce de théâtre :  » c’est de faire que ce procès ait lieu, ne serait ce que devant 50 étudiants. Ce spectacle est une vulgarisation de ce qu’est la Françafrique. Un gros mot que personne ne connait. Voilà. On a juste la prétention d’expliquer clairement ce qu’est la Françafrique avec des mots simples qui peuvent parler à tout le monde.

A la question de savoir pourquoi il mise sur le théâtre pour éclairer la lanterne des uns et des autres sur les biens mal acquis de certains dirigeants africains et la complicité de la France, Lionel a répondu :  » c’est une façon de communiquer. Je n’ai pas la prétention de changer le cours de l’histoire. Je ne fais pas non plus d’ingérence politique. Je suis juste un auteur, un être humain sensibilisé. La misère et l’injustice me révoltent au plus haut point. C’est une façon d’expliquer ce qui se passe. L’idée du procès est très bien. Parce que ça permet de donner une parole à l’accusation et une parole à la défense. »

Au cours de sa prestation en tant qu’avocat de la partie civile, Lionel Girard a fustigé avec des termes vifs la  » complicité de la Banque de France » avec les dirigeants aux mains sales avant de marteler devant un auditoire visiblement acquis à sa cause que  » l’argent des pays riches ne doit pas profiter aux riches des pays pauvres. » Pourvu que ce coup de gueule tombe dans de bonnes oreilles.

Pour la petite histoire, depuis quelques années, Ali Bongo, fils de son père, Paul Biya, Blaise Compaoré, Faure Gnassigbé, Edourado Dos Santos, Denis Sassou N’guesso et Blaise Compaoré sont dans le collimateur de l’ ONG TI France qui les accuse de s’être enrichis illicitement grâce  » recel de détournements de fonds publics ». Tous ces chefs d’Etat ont, selon l’ONG, de nombreux biens mal acquis en France, entre autres. Mais le procès que l’ONG veut intenter contre ces dirigeants tardent toujours à venir pour des raisons  » obscures ».

Déterminée à aller jusqu’au bout de ce dossier sensible, l’ONG maintient la pression. Grâce à cette pression, l’affaire a connu un rebondissement le 09 novembre dernier avec l’implication de deux juges d’instruction français. Désormais, Roger Loire ( doyen des juges d’instruction parisien ) et Réné Grouman sont chargés d’enquêter sur le patrimoine en France de ces chefs d’ États africains.

Affaire à suivre !!!!

Mamadou Saliou Diallo et Arsène SADIE

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